Cela fait six ans que nous expliquons aux élus en place qu’il faut réagir face au rejet de la politique par trop d’habitants, face à l’abstention croissante. Face aux nouvelles attentes des citoyens, il faut une démocratie plus vivante, plus participative, remettre les habitants au coeur des projets ET des décisions ! Signe que nous avions raison, pour les municipales 2020, toutes les listes mettent en avant la participation des habitants. Finalement, faut-il se réjouir du travail accompli ou faut-il s’inquiéter du citizen-washing ?

Certains ont découvert récemment les nouvelles formes de participation citoyenne et le vocabulaire qui va avec. Pour ces retardataires, il y avait pourtant de quoi se renseigner avec tout ce qui a été écrit partout en France dans la presse qui couvre les municipales 2020. Prenons par exemple un article récent de la revue WE DEMAIN (04 mars 2020).

Voici un petit extrait :

« We Demain : On entend beaucoup parler de listes participatives mais aussi de listes citoyennes. Quelles différences ?

Ondine Baudon : Comme il existe du « green washing » (1), se développe une sorte de « citizen washing » (2), et les politiques l’ont bien compris.

Une liste citoyenne peut simplement « inclure » quelques habitants locaux. Une liste réellement participative doit comporter 4 critères :

1. Elle doit émerger de collectifs citoyens qui s’organisent pour défendre l’intérêt général, et non d’un parti politique.
2. Elle doit utiliser une méthode très démocratique pour désigner des têtes de liste représentatives des habitants, en ayant recours par exemple au vote majoritaire, au tirage au sort, écartant les arrangements politiques.
3. La rédaction du programme doit se faire dans le cadre d’ateliers avec les habitants.
4. Enfin, l’implication des habitants dans la prise de décision pendant le mandat doit faire partie du programme. »

(1) Le green-washing (éco-blanchiment) est une méthode consistant à communiquer auprès du public en utilisant l’argument écologique. Le but du greenwashing étant de se donner une image éco-responsable, assez éloignée de la réalité… La pratique du greenwashing est trompeuse et peut-être assimilé à de la publicité mensongère.

(2) Le citizen-washing (blanchiment de démarche citoyenne) en est le pendant démocratique.

Qu'en est-il à Saint-André ?

Si les 3 listes issues de la majorité, Élisabeth Masse, Olivier Henno et Rudy Delaplace, ont fait des progrès en ces temps de campagne électorale, Osons l’alternative citoyenne est bien la seule liste citoyenne et participative qui réponde à ces quatre points.

Issus de collectifs citoyens apartisans

Certains des colistiers de la liste Osons ont fait partie pendant les six années précédentes de collectifs d’habitants apartisans qui ont mené des actions et des combats dans le sens de l’intérêt général. Citons le collectif Muchaux et la victoire obtenue de longue lutte contre l’urbanisation de nos terres agricoles et la folie de l’augmentation du trafic routier sur l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny. Rappelons le rôle majeur du Collectif tous acteurs dans toutes les concertations et enquêtes publiques liées à l’urbanisme.

Et rappelons que rien de tout cela ne peut être « apolitique » comme s’en revendique la liste de Rudy Delaplace. Apartisan, oui, apolitique, non ! Nous revendiquons le droit des habitants de s’impliquer dans la vie de la cité, la politique au sens noble du terme ; parce que ça arrange bien les élus de l’ancien monde que les habitants dégoûtés de la « politique » détournent les yeux de leurs pratiques. Notre maxime : « Le politique, c’est l’habitant, l’élu, son représentant. »

Oui, des colistiers de la liste Osons ont eu et ont encore une expérience politique à travers les partis politiques. Mais nous avons tous décidé que le meilleur moyen de relever les enjeux qui se posent à Saint-André était de laisser les étiquettes politiques au vestiaire, de se présenter comme andrésiens, sans appuis de partis politiques : voilà la genèse de la liste Osons !

LDIV : divers - LDVC : divers centre et droite (LR/LaREM/UDI)

Une tête de liste élue

Oui nous pensons que certains ont plus de « lead » et qu’il est vain de croire que tout le monde peut tout faire : la capacité à emmener les autres,  l’aptitude à écouter et à faire le bilan,… Par contre, nous ne croyons plus aux stratégies des autres listes qui veulent faire croire à l’homme providentiel (ou à la femme providentielle). Loïc Lebez s’est rendu disponible et s’est porté volontaire pour assumer les responsabilités de tête de liste. Après un appel à candidatures, il a été élu au sein du groupe d’habitants qui s’étaient lancés dans l’aventure Osons. Ce n’est évidemment pas le cas des 3 autres listes qui se présentent : elles se sont construites dès le début autour d’Élisabeth Masse, d’Olivier Henno et de Rudy Delaplace !

La co-construction du projet de la liste avec les habitants

Tous les candidats ont fait un effort pour communiquer sur les rencontres avec les habitants, les sondages, le porte-à-porte et des ateliers. Dans les faits, par contre, tous n’ont pas joué le jeu de la co-construction avec le même engagement !

Parlons simplement de notre démarche :

Depuis l’été dernier, nous avons participé à des rencontres avec de nombreux groupes d’habitants actifs sur la ville pour tenter de construire une démarche commune.

Début décembre, au sein d’une assemblée citoyenne, nous avons défini collectivement une charte pour établir ce qui nous rassemble.

Nous avons alors commencé des ateliers avec les habitants. L’alternance réunions publiques / réunions des nombreux groupes de travail a permis de construire ensemble les différents axes du projet puis les mesures concrètes.

Parce qu’il faut parfois aller chercher la parole, nous nous sommes appuyé sur le porte-à-porte dans certains quartiers où la participation aux ateliers était plus faible pour entendre leurs aspirations et leurs propositions.

Et pendant les 6 prochaines années

C’est là où les autres listes ont le moins d’ambitions pour la ville : certains évoquent sobrement la participation citoyenne, à l’image de ce qui se faisait avant mais de manière renforcée. Élisabeth Masse se contente de plus de transparence et de concertation (pour mieux décider). Olivier Henno avance en renforçant les dispositifs qu’il avait mis en place comme le conseil citoyen. Mais on voit vite que ça n’est pas à la hauteur des changements auxquels aspirent les citoyens. Seule la liste de Rudy Delaplace cherche à bouger les lignes en évoquant de nouveaux outils comme le référendum ou la maison du projet.

On constate donc que ça reste un cran en dessous de ce que nous proposons : c’est encore trop vertical et descendant. Informer des projets de l’équipe municipale en place et faire travailler les habitants dessus n’est pas suffisant. Oui nous utiliserons évidemment ces nouveaux outils, cette manière plus transparente de travailler : ce que nous avons fait pendant les six années devrait achever de vous convaincre.

Au-delà, avec Osons, nous avons l’ambition de favoriser l’ascendant :
 – écouter les habitants qui font remonter des projets,
 – là où la participation est moins spontanée, s’appuyer sur des professionnels dont c’est le métier d’animer les quartiers pour faire émerger la dynamique,
 – accompagner les habitants dans la construction de leurs projets, les former lorsque cela est nécessaire,
 – favoriser les budgets participatifs,
 – faire agir de concert habitants, techniciens et élus.

Tout cela se fera progressivement, à petits pas et en se donnant le droit d’expérimenter. Mais il serait vraiment dommage de se passer d’une telle occasion d’enrichir la ville des liens que nous tissons !

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